Marie-France Thibault a développé un moyen d’expression unique
avec lequel elle crée des tableaux lumineux d’une grande sensibilité.

L’artiste, dentellière du papier et artisane des jeux d’éclairage,
crée des installations qui ont la parole intemporelle des conteuses d’antan.
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Stage de théâtre d'ombres, Indonésie





Le 22 novembre 2007, je quitte le Québec direction Île de Bali, en Indonésie. Après l’Inde l’hiver passé, je souhaite poursuivre mes recherches sur l’origine du théâtre d’ombres. Cette fois-ci j’ai une idée plus précise en tête, apprendre à fabriquer des marionnettes d’ombres traditionnelles en peau de buffle d’eau.

Album photos"


Mon choix s’arrête sur l’Île de Bali. Une fois sur place, je me mets à la recherche d’artisans du théâtre d’ombres traditionnel. Rapidement je trouve une troupe de théâtre qui offre des spectacles de théâtre d'ombres en version condensée pour les touristes. Je suis aux anges, ENFIN je goûte à la source de ma passion : le Wayang Kulit (wayang = ombre fantôme, kulit = cuir; jeu de figures plates exécutées en cuir). Derniers vestiges d’un art qui autrefois rayonnait en Inde, Chine et Thaïlande, le théâtre d’ombres Indonésien survit, en grande partie dû au fait qu’il est protégé par L’UNESCO comme trésor du patrimoine culturel immatériel de l’Humanité

Je ne comprends pas un mot de ce que le dalan (marionnettiste) raconte mais j’ai le bonheur d’aller à l’arrière de l’écran pour voir le travail fabuleux des artistes. Un seul homme, assis en tailleur, derrière une lampe à l’huile, manipule et donne la parole à plus de 100 personnages, en plus de taper le rythme avec un sabot de bois, et de remplir la lampe à l’huile périodiquement! Une performance à couper le souffle. Il est accompagné par un musicien qui interprète une musique enivrante avec son gamelan, sorte de xylophone en bois.





J’y retourne à plusieurs reprises et questionne le dalan. Il est l’élève du grand Maître Nartha, aujourd’hui à la retraite. Ce dernier tient encore boutique et fabrique les meilleures marionnettes en cuir de l’Île. Le lendemain, je loue une mobylette, carte en main, direction sud-ouest. Destination : village de Sukawati, lieu de résidence de Maître Nartha.



C’est ainsi que commence mon stage de trois semaines en fabrication de marionnettes en cuir. Malgré la barrière de la langue, M. Nartha ne parle ni français ni anglais, j’apprends à me servir des outils et je suis guidée par des gestes, étape par étape, dans la fabrication d’une silhouette.


Le personnage que l’on me propose de fabriquer est un des bons clowns, i.e. qu’il est du côté des Dieux, et non des Démons! « ….. » est le personnage le plus populaire pour les gens du peuple, il est un peu le représentant des communs mortels, à la manière des serviteurs comme Pulcinella dans la Commedia Del’Arte Italienne. Alors que le spectacle est récité en sanscrit, ce personnage parle Indou, donc langage contemporain des villageois. Il intervient dans le duel entre les Dieux et les Démons sous forme d’entractes humoristiques, pendant lesquelles la politique et les faits-divers locaux sont traités avec ironie. C’est à peut près le seul endroit où le dalan peut créer et mettre son grain de sel, tout le reste de son travail, de la fabrication des silhouettes à l’apprentissage des textes et des gestes, est régi par une tradition inviolable. D’ailleurs la réputation d’un bon dalan dépend en partie de sa capacité à faire rire son public jusqu’à la fin de la très longue nuit de représentation!

Le personnage de … est reconnaissable par sa ceinture de tissus à carreau noir et blanc, symbole de l’unité entre le bien et le mal. Ce qui illustre bien comment les balinais voient le monde et la spiritualité, contrairement à nos croyances de dualité occidentales...











Par son intermédiaire, je rencontre ses enfants et petits-enfants, tous en formation ou déjà dalan professionnels. Même les plus jeunes petits-fils, de 3 et 6 ans commencent leur entraînement, en manipulant de petites silhouettes faites sur mesure et en apprenant à aiguiser les couteaux qui serviront à tailler le cuir.



Exposition conteARTrebours




Exposition collective “conteArtrebours”
du 14 février au 1er avril 2007
Galerie Montcalm

Œuvre présentée:

Installation de théâtre d’ombres ; Découpures de papieret de carton, plus ou moins opaques, superposées et éclairées par derrière de manière à projeter une symphonie de jeux d’ombres capté par un écran.

Source d’inspiration :
Conte : Vassilissa
Auteur : Clarissa Pinkola Estés
Livre : Femmes qui courent avec les loups –
Histoires et mythes de l’archétype de la Femme sauvage»
Éditeur : Grasset & Fasquelle
Année : 1996
Extrait : Voir documents ci-joint.


Description du projet :

Dans le cadre de l’exposition thématique « conteARTrebours », j'ai voulu présenter une œuvre inspirée d’une scène du conte Vassilissa, de Clarissa Pinkola Esté. Scène dans laquelle la jeune Vassilissa fait la rencontre de la vilaine sorcière Babayaga, dans l’obscurité de la forêt.

Jusqu’à ce jour, j’avais présenté des photographies représentant la projection des jeux d’ombres et de lumière sur l’écran. J'ai voulu profiter de l’exposition « conteARTrebours » pour aller un pas plus loin et présenter l’installation complète.

Les visiteurs ont pu observer le résultat à l’écran ainsi que le jeu de silhouettes à l’arrière.

Voyage en Inde, Dec 2007



Album photos"


15 Décembre 2007
Coup d'envoi pour un voyage d'un mois en Inde.
Hébergée dans une résidence d'artiste du centre culturelle Sanskriti, à 10km au sud de Delhi, je fais la navette en autobus local presque tous les jours vers le centre ville. Dépaysement total, mes yeux d'artiste sont émerveillés par la beauté des contrastes. Je suis inspirée par le statuaire religieux, les temples, les fresques, les reliefs sculptés, la beauté des couleurs vives sur fond de saleté et de pollution!

J'ai la chance de faire une escapade vers Orcha, ville de pélerinage, où je célèbre le jour de l'an.

Illustration de livres pour enfants








Voici quelques photos qui montrent le processus complexe qui a permis de créer les images pour le projet du livre Charlotte.


L’ARTISTE
Marie-France Thibault est diplômée en scénographie de l’École Nationale de Théâtre du Canada. Elle partage aujourd’hui sa passion pour la création de contes et de silhouettes pour le théâtre d'ombres. Au cours des cinq dernières années, elle a offert plus de 350 journées d'animation auprès de 20 000 élèves d’écoles primaires du Québec et de l’Ontario.

LA TECHNIQUE
C’est à partir de silhouettes composées de carton et de papier projetées sur une toile que les personnages s’animent à la manière d’un théâtre d’ombres. Les images ainsi créées sont alors prises en photo et forment des illustrations évoquant une poésie visuelle vivante sur le thème de l’ombre, de la couleur et de la lumière.

LA NAISSANCE DU PROJET
Au printemps 2004, Bibliothèque et Archives Canada entre en contact avec l’artiste et lui demande d’illustrer et de mettre en scène (en théâtre d’ombres) un conte écrit par la princesse japonaise, son altesse Takamado. Ce spectacle a été présenté lors de sa visite officielle au Canada en juin de la même année.

C’est à la suite de cette expérience que Marie-France Thibault entretien l'idée d'illustrer ses propres contes avec des silhouettes d'ombres et de créer une série de livres pour enfants, mettant en vedette la faune canadienne. Sid Lee Collective a décidé d'appuyer le projet avec des ressources créatives pour mener à terme le projet.







LE PROJET « CHARLOTTE » DE SID LEE COLLECTIVE
C’est grâce à l’appui de Sid Lee Collective que Marie-France Thibault réalise la maquette de son premier livre illustré à l’aide du théâtre d’ombres. La version originale du conte a été créée en 2003 afin d’être récitée oralement par des jeunes narrateurs et marionnettistes lors de séances d’animations. La mise en page, la typographie, ainsi que l’adaptation du scénario sont le reflet d’une recherche rendue possible grâce à la bourse de création Sid Lee Collective. Yann Mooney a fait la direction de création ainsi que le design graphique. André Marois et Jonathan Roseman on adapté le scénario oral en texte écrit. Isabelle Thibault a fait la gestion de projet, Ann Ross, Peter Pigeon et Frédéric Gauthier ont collaborés en tant que consultant sur le projet « Ombres ».





http://www.sidleecollective.com/publishing/index.html

Atelier de théatre d'ombres DELHI, INDE, 2007






ATELIER DE THÉÂTRE D'OMBRES AVEC DES ENFANTS EN PROVENANCE DE REFUGES
Une expérience innoubliable, je croyais y être pour donner, mais c'est moi qui ai reçu!
La créativité est universelle.


Résidence d'artiste Delhi, Inde





INTERNATIONAL ARTISTS'RESIDENCY PROGRAMME
Sanskriti home"

The Programme is a retreat offered to artists and scholars where they can reflect, interact, and create. Over the past few years the Kendra has provided residencies to over 300 artists, poets, scholars, and writers from nearly 30 countries, and to some 300 craftspersons and cultural activists. Sanskriti's Residency Programme also works in collaboration with international organizations like UNESCO, Asia-Link, Association Française d'Action Artistique, and the Fulbright Fellowships Program. The residency programme has helped to significantly foster understanding between different cultures through the sharing of ideas and life experiences.

The unique feature of the residency programme is that it houses three museums, which enhance the artistic and cultural sensibilities of the residents. The artists also get an opportunity to interact with Indian craftsperson.

For more information contact : residencies@sanskritifoundation.org